Les commentaires faisant suite à la critique du livre The Youth Pill: Scientists at the Brink of an Anti-Ageing Revolution par The Economist reflètent assez bien les débats actuels sur l'âge de la retraite et la gestion des ressources mondiales en lien avec l'augmentation de la population.
L'article concerne principalement les avancées dans la compréhension des mécanismes de vieillissement. Il s'agit de faire gagner quelques années aux personnes des pays développés, mais surtout de ralentir le processus de vieillissement des cellules, gardant donc ces populations en meilleure santé plus longtemps.
L'avantage pourrait donc être de faire diminuer les frais de santé, ce qui est un des points essentiels pour réussir à conserver l'équilibre financier des pays développés sans faire de concessions sur le maintien en vie des personnes âgées. En lien avec ces avancées, je pense que la poursuite d'une activité productive dans le troisième âge peut se faire plus facilement.
Concernant les problèmes de sur-population à l'échelle mondiale, il faut bien réaliser qu'ils ne concernent pas directement les pays développés (qui sont ceux qui profiteront des avancées en matière de ralentissement du vieillissement). L'impact le plus important sera surement un accroissement des tensions migratoires, mais l'Europe a la capacité d'améliorer encore sa sécurité alimentaire et énergétique sans changement majeur dans la vie de ses concitoyens.
Cette analyse peut paraître égoïste, mais elle reflète la réalité : le but d'un pouvoir politique démocratique est d'optimiser le bien-être de la population qu'il représente, pas celui de la population mondiale. A ce sujet, j'ai entendu Jean-Paul Moati ce matin sur France Culture, sur la 18° conférence de l'IAS (International AIDS Society). Pour remettre dans le contexte, il semble qu'aujourd'hui, doubler les dépenses internationales de lutte contre le SIDA permettrait de réduire les dépenses à moyen terme en arrêtant l'expansion de l'épidémie. Pour cela, les pays développés seraient obligés de recourir à plus d'endettement, ce qui est difficilement acceptable dans la situation actuelle. M. Moati propose de lever une taxe sur les échanges financiers interbancaires (taxe supposée suffisamment faible pour ne pas entraîner de problèmes de liquidité et d'arbitrage). Si en effet cette taxe est nécessaire et ne prête pas à conséquence, comment justifier que les sommes collectées soient dépensées pour la lutte contre le SIDA et pas pour le développement des énergies renouvelables et l'optimisation des dépenses énergétiques, la diminution de la dette ou la relance de la consommation ?
Je serais extrêmement étonné de voir que l'on utilise cet argent dans les pays les plus pauvres de la planète plutôt que pour améliorer, même très marginalement, la situation ici. On a toujours l'impression, lors de ce genre d'entretien que le sujet de prédilection de l'invité est au centre de toutes les préoccupations et qu'il doit être la priorité du gouvernement. Au moins cinq intervenants du même type dans la semaine, environ quatre fois par mois, cela fait vingt priorités par mois.
Pour revenir à la 18° conférence de l'IAS, l'article de The Economist sur le sujet à une approche toute autre : certes, le budget stagne, mais des stratégies sont mises en oeuvre pour diminuer les coûts de traitement. Les efforts doivent plutôt être faits sur les politiques de lutte contre le SIDA (point aussi évoqué par M. Moati) : les contaminations restent nombreuses en Europe Orientale et en Asie Centrale (globalement, les pays de l'ex-bloc soviétique). Il semble que ce soit lié aux types de populations contaminées, les toxicomanes en particulier, qui subissent la discrimination du pouvoir politique (qui reflète sans doute le peu de considération de la majorité envers les drogués).
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